Journée « Éducation scientifique et technologique : Priorités, Alternatives »
Journée SHS du PRES Universud Paris
« Éducation scientifique et technologique : Priorités, Alternatives »
17 Mars 2009, ENS Cachan, Pavillon des Jardins : salle de Conférence
Durant ces vingt dernières années, ont été lancés de nombreux programmes internationaux qui s'inscrivent dans une perspective comparative, et concernent l'enseignement des Sciences à l'École : TIMSS (Trends in International Mathematics and Science Study), PISA (Programme for International Student Assessement). Commandités par l'IEA (International association for the Evaluation of educational Achievement pour TIMSS) ou par L'OCDE (organisation de coopération et de développement économiques pour PISA), ces projets cherchent surtout à évaluer les acquis des élèves ou leur réussite en mathématiques et dans les disciplines scientifiques. Impulsées par un mouvement plus large d'internationalisation de l'évaluation, ces lames de fond se nourrissent de préoccupations aussi diverses que l'amélioration des méthodes d'enseignement, la réussite des élèves, l'attractivité des parcours scientifiques, ou encore la pertinence des curriculums d'enseignement.
De telles études visent un changement et un contrôle de la qualité des systèmes éducatifs ; elles sont intéressantes à examiner pour tous ceux que l'éducation scientifique et technologique préoccupe, à l'heure actuelle où l'enseignement scientifique secondaire et la recherche en éducation subissent une mutation de leurs missions et de leurs modes de gouvernance.
L'éducation scientifique et technologique est un enjeu politique et social majeur. De nombreuses prescriptions émanent des instances de décision avec des élaborations très faiblement négociées. Il nous incombe en tant que chercheurs, responsables de départements ou d'établissements d'enseignement scientifique et technologique de discuter ces priorités : Quelles missions ? Comment discuter leurs finalités ? Il nous faut bien localiser les enjeux réels, élucider les significations des choix opérés, expliciter les arguments sur divers plans politique, social, pédagogique, économique.
Des réflexions en commun sur des thématiques dont les enjeux sont aussi importants (formation des spécialistes, réformes des disciplines scolaires, patrimoine, science et expertise...) ont déjà été menées ou seront discutées dans le cadre du PRES (pôle de recherche et d'enseignement supérieur). C'est dans cette continuité que nous souhaitons aborder les questions soulevées plus haut.
L'UMR STEF collabore avec l'UMR ICAR (INRP / ENS-LSH / Université Lyon 2) au programme international de recherche ROSE (Relevance of Science Education) coordonné par S. Sjoberg de l'Université d'Oslo. Le projet ROSE impulsé par l'université d'Oslo rassemble plus d'une trentaine de pays (http://www.ils.uio.no/english/rose/). Les données empiriques portent sur l'évaluation des attitudes des élèves (il s'agit ici d'élèves de 15 ans) et l'image qu'ils se font des sciences et des techniques. Le projet repose sur l'idée forte que les attitudes des élèves et l'image qu'ils se font des sciences et des techniques influencent leur réussite scolaire ; même si celles-ci sont rarement « mesurées ».
De son côté le laboratoire DidaScO (Didactique des Sciences d'Orsay, EA 1610), dans le cadre de certaines recherches, mène une réflexion sur l'introduction d'éléments d'histoire des sciences et des techniques dans les cours de sciences et vise à examiner la possibilité de transmettre une image plus authentique de la nature de la science et des activités scientifiques pour aller à l'encontre de la vision faussée et brouillée, transmise actuellement par les éléments historiques introduits dans les manuels d'enseignement, et pour aider à motiver les élèves pour les études et métiers scientifiques.
On l'aura compris, l'objectif de la journée est bien double : clarifier les contraintes et esquisser les solutions, leurs conditions et leurs conséquences.
Le matin (animation, J-M. Lefour), nous aborderons les recherches françaises menées dans le cadre ROSE, et nous les situerons par rapport aux grandes études comparatives internationales sur les sciences. Les données empiriques recueillies par les deux UMR seront livrées comme éléments de réflexion et de débat, en comparaison avec les autres données internationales. Quelles sont les postures, les implications et les conséquences à dégager de ces recherches ? Quelles sont les conditions de cohérence internes et de possibilité externes de projets éducatifs pour une éducation scientifique et technologique en accord avec les enjeux actuels ?
L'après midi, autour d'une table ronde (présidée par F. Kalali, et L. Maurines), nous reviendrons sur les questions de l'attractivité des études scientifiques et de leur pertinence par rapport aux enjeux actuels. On ne pourra pas recouvrir tous les publics concernés par ces question ; mais les éléments recueillis à propos des élèves de 15 ans peuvent donner matière à réflexion et à comparaison concernant ce qu'il serait possible de faire en direction des autres publics.
Organisation :
Faouzia Kalali (UMR STEF, ENS Cachan)
Laurence Maurines (Didasco, EA 1610, Université Paris-Sud 11)
Avec la participation de Jean-Michel Lefour (Département de Chimie de la Faculté des sciences d'Orsay, Université Paris Sud 11)